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Quel schéma hydraulique pour une pompe à chaleur en rénovation ?

Introduction

Une installation de pompe à chaleur n’est pas quelque chose de standard, il y a quasiment autant de type d’installation qu’il y a de technicien installateur ! Chez Teplo, nous avons au fil du temps fait évoluer nos schémas d’installation afin d’améliorer la fiabilité et les performances de nos installations. La grande majorité de nos pompes à chaleur sont connectées et pilotées à distance, l’observation de leurs données de fonctionnement nous permet d’avoir un retour sur le fonctionnement de l’installation (nombre de démarrage compresseur, COP …) et ainsi de faire évoluer notre manière d’installer et de paramétrer nos pompes à chaleur.

Nous présentons le schéma que nous utilisons aujourd’hui (article écrit en Janvier 2026). C’est lui qui offre le meilleur rapport performance / fiabilité selon nous. Ceci dit, il est le résultat de nombreuses itérations et pourrait évoluer encore à l’avenir.

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Un schéma adapté à la rénovation

En préambule, il est important de noter que nous intervenons principalement sur des travaux de rénovation. C’est à dire que nous remplaçons une chaudière fioul ou gaz par une pompe à chaleur en réutilisant les émetteurs en place (radiateurs ou plancher chauffant).

Il y a de nombreux cas différents : 1 zone radiateurs, 2 zones radiateurs, 1 zone plancher, 1 zone plancher et une zone radiateur … nous ne présentons ici que le cas “classique” = 1 zone radiateur.

Dans le schéma hydraulique de votre pompe à chaleur, vous avez 2 type d’organes :

  • Les organes qui relèvent du choix de l’installateur
  • Les organes obligatoires

Détaillons maintenant les organes présents l’image ci-dessus (installation de Mohamed et Matisse, réalisée au début de l’hiver 2025/26, bravo à eux !).

La bouteille de découplage hydraulique (25, 50, 100 ou plus)

C’est l’un des choix techniques clés de nos schémas hydrauliques : nous montons nos pompes à chaleur en découplage ! Ce choix est nécessaire pour garantir une installation pérenne lorsque l’on n’a pas conçu le réseau de chauffage. Nous n’en connaissons pas les diamètres (ou du moins pas parfaitement) ni son cheminement.

Le découplage permet à la pompe à chaleur de fonctionner avec son débit optimal, indépendamment des variations de débit côté radiateurs. Elle impose le débit sur ce que l’on appelle le réseau primaire.

Notre dimensionnement :

  • 25 litres : PAC jusqu’à 5 kW
  • 50 litres : PAC de 6 à 9 kW
  • 100 litres : PAC au-delà de 9 kW

Nous avons constaté qu’en dessous de ces volumes, le nombre de démarrage compresseur moyen par jour augmente, cela dégrade le COP et la longévité de la PAC. Les volumes présentés ici nous semblent être le meilleur compromis entre l’encombrement, le coût et les performances atteintes.

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Le circulateur secondaire

Sur notre schéma avec bouteille de découplage, nous installons systématiquement un circulateur secondaire dédié au circuit de distribution. Ce circulateur à vitesse variable assure la circulation dans le réseau de radiateurs, que l’on appelle circuit secondaire !

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Nous installons des circulateurs Wilo à vitesse variable, cela a plusieurs intérêts :

  • Nous pouvons ajuster la vitesse de circulation en fonction du réseau de radiateur (en cas de bruit, c’est très utile)
  • Ces modèles ralentissent puis se coupent lorsque les pertes de charges augmentent et n’ont pas de vitesse minimale : nous pouvons donc nous passer de la soupape différentielle qui nuit au rendement (voir plus loin).

Le vase d’expansion

Le vase d’expansion compense les variations de volume de l’eau dues aux changements de température. Lorsque l’eau chauffe, elle se dilate ; le vase absorbe cette expansion pour maintenir la pression du circuit dans les limites acceptables.

Notre choix technique : Nous dimensionnons systématiquement un vase de 25 litres, même pour des installations de puissance modérée. Ce volume est suffisant pour tout type d’installation résidentielle. On pourrait se contenter d’un plus petit vase dans une petite maison, mais le 25L étant le standard du marché les vases 12 ou 18L ne sont pas moins chers (et perdent donc leur intérêt à part pour des enjeux d’encombrement).

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Le pot à boue ou filtre magnétique

Il s’agit d’un organe permettant de protéger l’installation des impuretés sur le réseau de chauffage. Nous installons un pot à boue spécial pompe à chaleur, composé d’un filtre à tamis et d’un élément magnétique (pour capter les impuretés métalliques).

Notre choix technique : nous installons le pot à boue sur le retour du circuit secondaire, celui-ci protège ainsi la bouteille de découplage et complète le pot à boue directement intégré dans l’unité intérieure de la pompe à chaleur. Nous avons donc deux protection, mais ce n’est pas de trop pour garantir la fiabilité de nos installations !

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Les organes obligatoires

Voici les organes obligatoires en image !

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Le disconnecteur

Le disconnecteur est un dispositif de sécurité réglementaire qui empêche le retour d’eau du circuit de chauffage vers le réseau d’eau potable. Il protège la qualité de l’eau sanitaire en cas de dépression sur le réseau.

À noter : Cet équipement est obligatoire sur toutes les installations de chauffage raccordées au réseau d’eau, que ce soit pour le remplissage initial ou l’appoint automatique.

Le groupe de sécurité (production d’eau chaude sanitaire)

Lorsque votre pompe à chaleur assure également la production d’eau chaude sanitaire, le groupe de sécurité est indispensable. Il remplit trois fonctions :

  • Soupape de sécurité : évacue la surpression au-delà de 7 bars
  • Clapet anti-retour : empêche le retour d’eau chaude vers le réseau froid
  • Vidange : permet l’entretien du ballon

Ce dispositif est une obligation réglementaire pour tout appareil sous pression produisant de l’eau chaude sanitaire.

Les purgeurs en point haut

Les purgeurs automatiques sont installés à tous les points hauts du circuit hydraulique. Leur rôle est d’évacuer l’air qui s’accumule naturellement dans le réseau, un phénomène qui peut :

  • Créer des bruits de circulation (“glouglou”)
  • Réduire l’efficacité des échanges thermiques
  • Provoquer des blocages de circulation

Nous installons systématiquement des purgeurs automatiques, qui fonctionnent sans intervention manuelle et garantissent un dégazage permanent du circuit.

Les vannes d’isolement et de purge

Nous installons des vannes à tous les points stratégiques du circuit hydraulique :

  • En amont et aval de chaque équipement : pour permettre l’entretien ou le remplacement sans vidanger tout le circuit
  • En dessous de chaque purgeur : ce sont des organes dont on veut pouvoir tester le fonctionnement et remplacer si besoin
  • Sur les départs de zones : pour isoler une partie du réseau en cas d’intervention
  • Aux points bas : vannes de vidange pour la purge complète

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Ecrit par Simon Lembeye
Gérant